lundi 14 novembre 2011

Ah! Ah! Ah! conte AAA

En ces temps de crise financière, une petite histoire de ce bon vieux Nasreddine...


Un jour, la femme de Nasreddine explique à son mari: que la vie dans leur village est devenue insupportable. Une moitié des gens y est  très riche mais  l'autre moitié n'a  presque pas de quoi manger.
Elle lui dit: " toi qui parle avec les uns et les autres, tu arriveras peut-être à les convaincre de partager leurs richesses. Et alors tout le village pourrait vivre heureux".

"Tu as bien raison, ma femme, je m'en occupe aussitôt".
Nasreddine quitta sa maison pour n'y revenir que très tard le soir; épuisé mais l'air plutôt content de lui. 
"Alors ?", lui demanda sa femme.
"Alors, tu peux être fier de moi: j'ai réussi à convaincre les pauvres!"


lundi 15 août 2011

Cinémoi !

Le DVD de Court-Toujours, réalisé par Benjamin Berthet en 2010 est annoncé ! 

un court-métrage où j'ai un look d'enfer...!


le "teaser"

et pour le plaisir la bande-annonce du film les collègues (2008)
*

samedi 6 août 2011

Le monde des conteurs

J'aime les conteurs, tous les raconteurs. Et j'aime m'imaginer leurs histoires devant ces images qu'on pourrait croire muettes...

En Chine un vieux conteur de rue raconte dans un village de la province du Henan (1992)


Un " Contador de histórias" , Bogotá (2008)

Conteur aux portes de la ville de Kashgar au Turkestan ( 1943)


Abou Shady le célèbre conteur du café Al-Nawfara à Damas en Syrie ( 2010)



Conteuse en Afrique du Sud (1972)



"Jimmy le conteur" par Ruth ORKIN à New York (1946)


alors vous entendez les histoires ?

vendredi 3 juin 2011

Maitre Morel conte pour les enfants



Toujours épaté par le talent de mÔsieur Morel dont les mots font merveille.

dimanche 13 mars 2011

The Storyteller

Cette série télévisée The Storyteller est vraiment sympathique; intitulée Monstres et Merveilles en français, elle commence par une version du célèbre conte " La soupe aux cailloux"....








J'ADOOORE !!!!

dimanche 27 février 2011

les 3 dictateurs

Un jour Mouammar Kadhafi dit " le colonel" invite Zine el-Abidine Ben Ali et Mohammed Hosni Moubarak à un colloque de dictateurs.
A un moment Kadhafi (habillé comme le général Alcazar dans l'Oreille cassée) demande à ses convives: comment doit-on se comporter avec son peuple ? Pour se faire, il fait apporter  une cage dorée avec trois oiseaux et il invite  Ben Ali et Moubarak à en prendre un. Le tunisien ouvre la cage en premier et attrape un des volatiles. Nerveux, inquiet, il serre bien trop fort et tue l'oiseau.
A son tour l'égyptien introduit sa grosse main dans la cage et se saisit d'un oiseau. Seulement ne voulant pas commettre la même erreur, il ne serre pas assez avec ses doigts mous alors, bien vite,  l'oiseau s'échappe.
Le dictateur libyen fait la grimace et retire ses lunettes noires.
_ Observez moi !
Délicatement, il prend le dernier oiseau dans la cage puis une à une lui arrache toutes les plumes. Une fois déplumé, l'oiseau tremblant se tient tranquille dans le poing du dictateur.
_ Vous  avez pigé ? Le plus drôle c'est que maintenant il éprouve même un sentiment de gratitude à cause de la chaleur humaine qui se dégage de ma main !


samedi 12 février 2011

le Conteur de France Inter

François Morel est une énigme, bien plus subversif que Didier Porte et Stephane Guillon, il est lui toujours à l'antenne. Tant mieux, je suis fan.


Eric bessonnait

mardi 1 février 2011

Fred PELLERIN, le conteux magnifique !

Samedi dernier, à Sochaux (MALS),  j'ai eut le grand bonheur d'assister au spectacle " l'Arracheuse de temps" du conteur Fred Pellerin.
Avec une langue merveilleusement vivante, il nous embarque avec un naturel épatant dans ses fabuleuses histoires et nous donne très envie d'aller illico s'installer dans son village de Saint-Elie-de-Caxton. Ce gars-là change en légende tout ce qu'il raconte ! Un magnifique conteux !

mardi 25 janvier 2011

France Soir se la raconte


Les raconteurs d’histoires épinglés tels des papillons de nuit par les pubs de France Soir ! Les conteurs du quotidien, ceux des bars, des feux de camps et ceux qui endorment les enfants se voient récupérés sans vergogne par les hyènes de la réclame au profit d’un journal atteint de Storytelling aigu.

Cette jeune femme qui raconte, dans une ambiance chamallows grillés, un fait divers comme une bonne histoire de peur a de quoi, en effet, faire frémir.

Quand les journalistes deviennent conteurs c’est la mort du réel et de l’objectivité.

Étonnant qu’un journal d’informations avoue aussi cyniquement qu’il nous raconte des histoires…

France Soir - L'histoire


France Soir - Le Bar

(conte étiologique)


La boulette de Dieu

Au début, il y a LUI , le Grand Conteur, le Grand Manitou de Tout, D I E U :

Divinité
Intergalactique
Extrèmement
Utile


Il est là, dans les ténèbres, depuis des temps et des temps.
Il est là depuis tellement longtemps qu’il ne sait plus depuis combien de temps. ET il commence à trouver ça un peu long. Très long.

Il est dans la nuit et Il s’ennuie. Il se barbe. Il n’arrête pas de zapper sur l’Univers. Mais c’est toujours le même programme : y’a rien, du noir, rien que du noir.

A un moment, il s’ennuie tellement qu’il va chercher dans son nez, que son doigt se faufile dans la caverne sacrée de sa narine divine.
Et il en extrait…
Une pépite d’or,
Un petit magnin,
Une crotte de nez de Dieu,
Une crotte de nez du Grand Conteur !


L’air de rien, sans y prendre garde, il la malaxe entre ses doigts, il en fait une petite boule de pâte de crotte de nez.
Et, d’un coup, d’un geste irréfléchi, d’une pichenette ! Il envoie la boulette dans l’Univers. Et c’est ainsi... qu’est née la TERRE.
Et c’est ainsi que sont nées la majorité des planètes.

Depuis, en mémoire de cela les MAMANS interdisent à leurs enfants de mettre leurs doigts dans leur nez.

dimanche 23 janvier 2011

la Fée Arie et le Conteur


Le Conteur la guette. Là, caché, depuis des jours, dans un buisson de buis sauvages. Depuis des nuits, à trembler un peu. Depuis des semaines à se trouver idiot. Miracle, enfin, elle passe, elle glisse dans l’air, belle et sage, dans une danse de voiles transparents : Arie, la Dame Blanche.
Il la guette devant son château nu. La "Bâme de Milandre", qu’on dit au village. Une gargamellesque caverne où s'engouffrent chaque nuit tous les rêves des jeunes hommes de la région. Son cœur bat trop vite. Il la suit. Il s’aventure. Il franchit la frontière, pénètre dans le mystère. L’entrée ressemble à une grande halle haute de deux à trois mètres, large de huit à dix, et d’une profondeur d’une vingtaine de mètres. La voûte régulière s’abaisse à mesure qu’il avance, elle semble se confondre dans les profondeurs avec la surface d’un vaste bassin d’eau. L’endroit, il le devine, n’est praticable qu’en temps de sécheresse. Le Conteur  note mentalement tous ces détails en prévision d’une prochaine histoire.
Il a chaud. Il a froid. Son ombre frisonne en glissant sur les parois rocheuses. Il arrive en sueurs au bord d’une pièce d’eau elliptique assez profonde. Le silence glougloute. Un air, une chanson, ricoche sur les stalagmites et les stalactites. Arie la Blanche est toute proche. Dans une petite salle, son boudoir, elle frotte entre ses mains des herbes rafraîchissantes. Sa peau se parfume de menthe, de sauge et d’oseille des champs. Les brûlants jours d’été, jamais elle n’oublie, son bain de midi. Ses yeux le brûlent.
Plus nue qu'une amante la nuit de la Saint-Jean, elle se baigne dans ses eaux de jouvence, au cœur de sa grande grotte de Milandre en terre helvétique. Belle, plus belles que toutes les femmes humaines. Le Conteur en reste sans voix.
Ce jour aurait pu être le plus beau jour de sa vie, mais voilà que son pied glisse un peu et fait rouler de petits graviers. Maudits cailloux ! La fée nue se retourne et ses yeux sont comme deux escarboucles en feu.
 Au village de Boncourt, on dit qu’on a jamais revu le conteur...

Un jour, bien plus tard, une petite fille se promenait du côté de Milandre et elle trouva une drôle de petite grenouille endormie sur une pierre. C’était une belle grenouille, vert pomme, alors la fillette la glissa délicatement dans sa poche et elle continua son chemin.
Au bout d’un moment, il lui sembla entendre une petite voix, elle regarda autour d’elle mais ne vit personne. Elle prêta l’oreille avec plus d’attention et comprit que le murmure venait de sa poche. Oui ! C’était la grenouille qui lui parlait.
_ Mais tu parles ! ?, s’exclama, épatée, la fillette.
_ Hum, oui. Je ne suis pas une vraie grenouille, je suis un Conteur mais c’est la fée Arie qui m’a transformé ainsi car dans mes histoires je raconterai qu’elle avait des pieds d’oie et des dents de fer ! Si tu me donnes un baiser, je redeviendrai Conteur !
La petite fille haussa les épaules et remis la grenouille dans sa poche. Bien heureuse de son trésor.
Une demie heure après, la grenouille recommençait à parler.
_ Écoutes, en vérité la fée de Milandre m’a changé en grenouille car aussi je l’avais observé pendant son bain. Mais si tu me donnes juste un petit baiser de rien du tout, je redeviendrai Conteur et je te raconterai toutes mes histoires de jeunes filles  et de princes Charmant.
A nouveau, la gamine haussa les épaules et remit la grenouille dans sa poche.
Elle arrivait en vue de sa maison quand la grenouille se mit à parler à nouveau, un peu plus fort, cette fois.
_ Enfin quoi petite fille, tu n’aimes pas les contes et les histoires !?
_ Oh, si, bien sûr, ma grand-mère m’en raconte tous les soirs.
_ Moi, je t’en dirai des plus belles encore, je suis un très bon Conteur. S’il-te-plaît donnes-moi un baiser.
_ Oullala, non ! Des conteurs, il y en a des tas et des tas mais une grenouille qui parle ! Vache de vache ! C’est autrement plus amusant…
Et la petite fille remit la grenouille dans sa poche !




samedi 22 janvier 2011

La Troûy de Carnaval


Dans ce village, pour parler d’un homme riche, on dit : «Celui-là, il a volé un ruban à la Troûy de Carnaval ! ». C’est une chose qui se sait. Ça se transmet de génération en génération comme une vieille recette de famille. Si vous étiez de ce coin là, vous le sauriez depuis l’enfance : Au matin de Carnaval, une chèvre avec des sonnettes et des rubans cabriole, à tour de rôle, sur tous les fumiers du village. Et si quelqu’un parvient à lui prendre un de ses rubans, il deviendra riche. Ailleurs, on en rirait peut-être. Mais pas ici.
Dans ce village tout le monde connaît l’histoire du Beuzenet. Le Beuzenet c’était un petit gars sans père ni mère qui vivait avec sa vieille mamie. Et jusqu’à ses dix-sept ans, il n’avait jamais fait parler de lui, ni en bien, ni en mal. Tout s’est mis en branle avec la mort du père Goumeau, le boulanger. Au village, il n’y avait qu’une seule boulangerie alors ce fut pour tous une grande perte. Une véritable catastrophe municipale. Sans compter qu’à la boulangerie on y achète pas que du pain, c’est aussi l’endroit où s’échange les derniers potins du village. Ce fut donc un événement colossal lorsque un couple de Besançon acheta la boulangerie et vint s’installer au village.
La première fois où le Beuzenet entra dans la boulangerie, il en perdit l’appétit. Au comptoir se tenait une petite maigrichonne, blanche comme farine, aux cheveux couleur de carotte. C’était la Nitouche, fille unique des nouveaux propriétaires. A dire le vrai, les autres garçons du village ne l’avaient pratiquement pas regardé. Ici, personne ne pensait qu’on pouvait tomber amoureux d’une rouquine ! Le Beuzenet en fut tourneboulé !
Plusieurs fois par jour, il marchait jusqu’à la boulangerie, touchait la poignée de porte mais ne se décidait pas à l’ouvrir et repartait chez lui le visage en feu. Amoureux ! Cette petite comédie dura plusieurs mois. Sa grand-mère, inquiète, l’incita à prendre le taureau par les cornes et lui conseilla d’offrir un joli ruban à la jeune fille. « Si elle le met dans ses cheveux, c’est qu’elle te trouve à son goût ». Un ruban ?
 L' idée fit comme un éclair dans l’esprit du jeune homme.
On disait que pour voir la Troûy de Carnaval, il fallait se lever tôt. Le plus souvent, on arrivait trop tard, elle était déjà passée. Le Beuzenet lui ne se coucha pas et choisit de faire le guet dans les branches d’un vieux tilleul, à côté du plus gros fumier du village. Quelque part entre la fin de la nuit et l’apparition des brumes matinales, il entendit tinter des clochettes. Le vent frisquet semait dans l’air une odeur de vieux fromage. L’œil en éveil, le corps tendu, le Beuzenet souriait. La Troûy fit son apparition, sorte de diable à quatre pattes décoré et hirsute comme un vieux sapin de Noël ! Sans plus réfléchir, d’un bond brutal, le jeune homme lui sauta sur le dos et lui arracha un ruban. Aussitôt, affirme la légende, la grotesque créature disparaissait dans un grand brasillement d’étincelles multicolores.
Ce matin de Carnaval, le Beuzenet est le premier client. Il ouvre la porte de la boulangerie et tend, souriant, son cadeau à la jeune fille. Le ruban de la Troûy ! La rouquine ne le sait pas, elle ne voit qu’un ruban rouge. Elle le prend. A peine l’a-t-elle en main qu’elle fait la grimace. Elle renifle le ruban. Il pue. Il sent pire que bouc ! Alors elle se fâche, jette le ruban au visage du Beuzenet et ajoute quelques jurons assassins fermant la porte à tout amour futur.

Le Beuzenet après cette pénible aventure a quitté le village. Il est parti pour l’Amérique et devenu riche, il a épousé une blonde vedette de cinéma.
La Nitouche ne s’est jamais mariée On raconte, qu’à la fin de sa vie, elle mendiait son pain devant les églises bisontines.

Cette chèvre merveilleuse n’a certes pas les manières raffinées des Chèvres d’Or, peignées et soignées, qui portent des diadèmes étincelants sur la tête. Pour le casting du conte « la chèvre de monsieur Seguin », Alphonse Daudet l’aurait éliminé en se bouchant le nez. La Troûy sent le bouc !
En dépit de son apparence, plutôt repoussante, ce personnage rare, du folklore franc-comtois, apporte la fortune à celui qui s’empare d’un de ses rubans
 En patois Troûy signifie « sale »,
Bête fantastique,  elle semble n’apparaître qu’à Reugney dans le Doubs. On murmure qu’elle aurait pour refuge la grotte de la Baume-du-Mont au sud du village.